Glossaire


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HISTORIQUE DES ANTIBIOTIQUES

 

1944

Muller (j. Path. Bact. 1944, 56, 429-434) semble avoir été le premier à tester in vitro l’action de différentes substances antiseptiques sur le bacille de la tuberculose en utilisant la méthode de culture sur lame mise au point par Pryce
( J. Path. Bact. 1941, 53, 327 ).

1949

Bernard et Kreis reprendront le même principe, proposant d'utiliser un milieu nutritif (Dubos ou Youmans) contenant des concentrations connues de streptomycine (Rev. Tuber., 1949, 13, 124-128). Froyez (Sem. Hôp. Paris. 1949, 52, 1527-1529) puis Tinne (Lancet, 1950, 259, 901-904) proposent l'utilisation de la diffusion verticale sur milieu de Löwenstein afin d'étudier la résistance des souches à des concentrations connues de streptomycine.

Coletsos et Boisvert décrivent une méthode d'appréciation rapide de la streptomycino-résistance par la primoculture des produits bacillifères ensemencés sur des milieux de Löwenstein imprégnés en surface avec des doses croissantes de streptomycine. Le premier tube sur lequel on ne détecte pas de croissance indique la sensibilité de la souche (Rev. Tuber., 1949, 13, 344-346).

Gernez-Rieux publie une étude comparative des procédés de recherche rapide de la streptomycino-résistance du bacille de Koch in vitro et in vivo (Rev. Tuber.,1949, 13, 326-331). Cette étude fait apparaître que les différentes techniques permettent de déceler les résistances élevées , mais donnent suivant la méthode utilisée des résultats variables et souvent difficilement interprétables pour des souches plus ou moins résistantes. Ces divergences pouvant s'expliquer par l'utilisation de milieux différents et par la présence au sein d'une souche de mutants résistants en nombre variable avec des ensemencements mal mesurés. Il mettra au point une méthode pour l'étude de la sensibilité à la streptomycine de ces souches plus ou moins résistantes, permettant ainsi d'attirer l'attention sur les souches de résistance partielle.
De ce fait deux types de méthodes furent préconisés.

Méthodes de mesure de la sensibilité utilisant le milieu liquide.

Avantages : réponse rapide, évite le chauffage de l'antibacillaire en ajoutant directement celui ci au milieu liquide Dubos ou Youmans.

Inconvénients : absence de numération des colonies. Le sérum sanguin qui entre dans la composition du Youmans inhibe certains antibacillaires; élevant la concentration minimale inhibitrice. Le tween du Dubos empêchant la formation d'amas bacillaires, produit l'effet inverse. Le gain de temps pour obtenir un résultat est minime car ces méthodes nécessitent une culture préalable sur un milieu solide.

Méthodes de mesure de la sensibilité utilisant le milieu solide.

Avantages : elles permettent de réaliser un test direct à partir du produit biologique après décontamination, à condition que celui ci contienne un nombre suffisant de bacilles à l'examen direct et un dénombrement des colonies, autorisant l'appréciation des résistances partielles.

Inconvénients : pour la coagulation du milieu solide à l'œuf les antibiotiques doivent être soumis au chauffage et une certaine lenteur pour l'obtention du résultat à partir d'une primoculture.

1950

Benda et Urquia tentent de déterminer la proportion de germes sensibles et résistants avec une technique basée sur la coloration du bacille tuberculeux par la méthode de Fontes modifiée (Presse Médicale, 1950, 58, 234. et 1951, 59, 1671-1673).

1963

Des experts de l'organisation mondiale de la santé retiennent trois méthodes pouvant être utilisées pour tester la sensibilité ou la résistance d'une souche vis à vis d'un antibacillaire (Bull. World Health Org.,1963, 29, 565-578).

  1. La méthode des rapports de résistance décrite par Mitchison en 1953 (Medical Research Council: Lancet, 1953, I, 213).
  2. La méthode des concentrations absolues décrite par Meissner en 1961 (W.H.O./T.B./ Techn. Inf.,1961, 6, 13-19).
  3. La méthode des proportions décrite en 1963 par Canetti, Rist et Grosset (Rev. Tub. Pneum.,1963, 27, 217-272).

Les deux premières méthodes ne renseignent ni sur le nombre total de bacilles viables ensemencés, ni sur la proportion de bacilles résistants présents au sein de la souche à étudier. On sait qu'une souche résistante ne diffère d'une souche sensible que par le nombre particulièrement élevé de ses variants résistants. C'est pourquoi Canetti, Rist et Grosset mettront au point la méthode des proportions qui consiste à tester la sensibilité d'une souche avec deux dilutions bacillaires différentes de façon à :

  • Contenir un nombre de bacilles suffisant pour être représentatives,
     
  • Permettre d'obtenir avec une des dilutions des colonies en nombre comptable.

Cette technique a permis d'éliminer le facteur d'erreur lié aux variations d'inoculum. Elle est devenue une méthode de référence, malgré quelques inconvénients :
inactivation partielle de certains antibacillaires (éthionamide),
du point de vue pratique méthodologie assez lourde et qui apporte au clinicien des résultats jugés tardifs.

1970

Brettey décrit une nouvelle méthode de mesure de la résistance en milieu liquide. C'est un procédé qui donne un résultat rapide en 7 jours (Acad. Nat. Med.,1970, 154, 95-100).

1977

Middlebrook propose la détection d'une culture mycobactérienne en milieu liquide (Middlebrook 7H12) contenant de l'acide palmitique marqué au C14, par mesure du 14CO2 libéré au cours du métabolisme (Am. Rev. Respir. Dis.,1977, 115, 1066-1069).

L'appareil Bactec 460 (Becton Dickinson) réalise le dosage du 14CO2 en le traduisant sous forme numérique (index de croissance ou G I ), proportionnelle au nombre et au taux de croissance de la mycobactérie. Le Bactec 460 sera utilisé et très apprécié pour la réalisation rapide d'antibiogrammes ou la possibilité de tester les synergies entre antibiotiques (J. Clin. Microbiol., 1981, 12, 908-912 et 1985, 22, 919-923). Mais les contraintes d'utilisation dues à la manipulation et à l'élimination des déchets radioactifs augmentaient le coût de fonctionnement. (Revue du Praticien. Médecine Générale, 1991, tome 5, N°138).

1996

Premiers antibiogrammes avec les tubes MGIT (Mycobacteria Growth Indicator Tube; Becton Dickinson). Le milieu liquide MGIT ne contient aucune substance radioactive, mais un Middlebrook 7H9 et un indicateur fluorescent sensible aux variations d'oxygène. La consommation d'oxygène dans le milieu entraîne l'émission d'une fluorescence orangée mise en évidence par un transluminateur à 365 nm (J. Clin. Microbiol., 1996, 34, 1565-1567).


Les dates de la découverte des antituberculeux

1944 : la streptomycine (Waksman)
1945 : acide para aminosalicylique (P.A.S) et utilisation de la streptomycine comme antituberculeux.
1949 : néomycine
1951 : viomycine
1952 : isoniazide (INH) et la pyrazinamide (PZA)
1953 : thiocarbanilide
1955 : cyclosérine
1956 : éthionamide (1314 th)
1957 : kanamycine
1961 : éthambutol
1962 : capréomycine
1963 : prothionamide
1965 : rifampicine


Au sujet des antituberculeux

Les cinq antituberculeux dits majeurs sont :
isoniazide, éthambutol, rifampicine, pyrazinamide et streptomycine.

Dans le cas de polyrésistances aux produits majeurs les antituberculeux dits mineurs seront utilisés :
kanamycine, cyclosérine, éthionamide, thiosemicarbazone (TB1), capréomycine, acide para aminosalicylique (P.A.S), viomycine.

La plupart des antibiotiques antituberculeux n'exercent aucune action sur les bactéries classiques, sauf la rifampicine, la streptomycine et la kanamycine.
Etant donné la remarquable action antibacillaire de la rifampicine et de la streptomycine, ces deux antibiotiques devraient être réservés, dans la mesure du possible au traitement de la tuberculose.


Tuberculose : quelques règles de l'antibiothérapie

  • La nécessité d'une association d'antibiotiques est justifiée par les phénomènes de résistances des mycobactéries aux antibiotiques. Dans les souches sauvages n'ayant jamais été au contact d'antibiotiques, des variants résistants d'emblée à tel ou tel antibiotique existent.
  • Pendant le traitement, en cas de monothérapie, il existe un risque élevé de sélectionner des bacilles résistants. D'où la règle absolue de l'association de trois voir quatre antibiotiques.
  • Entre les différents tuberculostatiques, il n'existe pas d'antagonisme.
  • Il est recommandé de pouvoir compter sur au moins trois cultures avant de commencer l'antibiothérapie, afin de permettre l'isolement, puis la réalisation systématique de l'antibiogramme et l'identification biochimique de la souche.

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