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Toutes les méthodes de coloration utilisées pour la recherche microscopique du bacille de Koch, sont basées sur la propriété fondamentale des mycobactéries : leur
acido-alcoolo-résistance.
Ces méthodes de coloration
ne sont pas spécifiques de la coloration des bacilles de la tuberculose
mais des mycobactéries en général. De ce fait, le résultat dun
examen direct positif devra impérativement indiquer la présence
de Bacilles Acido Alcoolo Résistants
(BAAR) et non de bacilles tuberculeux.
La richesse en lipides des mycobactéries
rend peu efficaces les colorants habituels, obligeant à recourir
à des techniques particulières pour les colorer.
Pour une lecture en lumière blanche
:
1882 (mars)
Coloration initiale de Koch
sur des coupes dorganes tuberculeux, par laction prolongée
du bleu de méthylène potassique pendant 24 heures à température
ambiante (cette durée pouvait être réduite à une heure en plaçant
la lame à 40°C), puis contre coloration au brun Bismark. Les bacilles
apparaissaient colorés en bleu sur fond brun. Koch remarqua que
seuls les bacilles de la lèpre présentaient les mêmes caractères
tinctoriaux, les autres bactéries prenant la coloration brune de
la vésuvine. Les trois facteurs importants pour la coloration des
bacilles acido-alcoolo-résistants se trouvent déjà dans cette description :
-
Association au colorant d’un mordant (ici
la potasse). Utilisation de la chaleur, permettant de raccourcir
le temps de coloration.
-
Utilisation dun contre colorant (ici
le brun Bismark).
(The history of the Ziehl Neelsen stain. Tubercle, 1970,
51, 196-206 : Bishop P., Neumann G.)
1882 (juin)
Ehrlich recommande l'emploi
de la fuchsine, avec comme mordant l'aniline.. Les bacilles tuberculeux
conservent la coloration rouge donnée par la fuchsine après décoloration
de la préparation par lacide nitrique dilué au tiers. Ainsi
il met en évidence une propriété essentielle des bacilles tuberculeux :
leur acido-résistance. Il conseille deffectuer une contre
coloration bleue du fond de la préparation.
1882 (août)
Ziehl remplace laniline
par le phénol et utilise cette coloration pour le diagnostic de
la tuberculose.
1882 (octobre)
Rindfleish préconise de
chauffer la solution colorante.
1883
Neelsen apporte les dernières
modifications et établit la formule du colorant (fuchsine :
1 g - acide phénique à 5% : 100 g - alcool : 10 g). Il
conseille de réaliser : la coloration à chaud, la décoloration
par lacide sulfurique dilué au quart et lutilisation
du bleu de méthylène pour recolorer le fond de la préparation.
Le principe de cette méthode pour la coloration des mycobactéries
peut être résumé en trois étapes :
-
coloration des bacilles par la fuchsine phéniquée,décoloration
du fond de la préparation par laction dun acide
dilué,
-
recoloration du fond (bleu de méthylène)
permettant de mieux faire ressortir la teinte rouge des bacilles
acido-alcoolo-résistants.
1946
Hallberg décrit une méthode
où les bacilles sont colorés par un phényl-méthane : le bleu
de nuit et décoloré par une solution dalcool chlorhydrique.
(New method for staining tubercle bacilli applicable also to micro-organisms
of leprosy and other acid-fast germs. Act. Med. Scand. ,
1946, suppl. 180, 1-37).
1951
Tison apporte des modifications
à la technique dHallberg, permettant à ceux qui sont daltoniens
de pouvoir observer en lumière ordinaire les bacilles bleus (B.A.A.R)
sur un fond jaune. (Coloration de Hallberg modifiée pour la mise
en évidence du bacille tuberculeux. Ann. Inst. Pasteur, 1951,
80 (1), 207-210. Et : Nouvelle coloration du bacille de Koch.
Sem. Hôp. Paris, 1951, 20, 852).
1962
Tan Thiam Hok décrit une
technique de coloration simplifiée (Amer. Rev. Resp. Dis.,
1962, 85, 753-754), qui utilise successivement les solutions
de Kinhyoun ( Amer. J. Pub. Hit. , 1915, 5,
867-870) et de Fraenkel Gabbet (Masson et Cie.
Ed. 1936, page 16). La première à base de fuchsine donne au
bacille sa coloration, la seconde permet la décoloration et la recoloration
simultanée du fond par une solution saturée de bleu de méthylène
dans
lacide - alcool.
Lavantage de cette technique réside dans la rapidité de son
exécution, cependant les bacilles sont pâles et la coloration manque
de contraste.
1963
Devulder modifie la technique
de Tan Thiam Hok en augmentant le temps de contact des colorants.
Il obtient une coloration plus nette. Par rapport à la coloration
de Ziehl-Neelsen, les bacilles ainsi colorés apparaissent moins
foncés, mais leur morphologie est plus fine et leurs granulations
plus marquées.
Pour une lecture par fluorescence
:
1937
Hageman décrit les propriétés
tinctoriales de l'auramine. L'auramine permet de mettre en évidence
l'acido-alcoolo-résistance des mycobactéries au même titre que la
fuchsine. Les techniques sont nombreuses. Les variations portent
sur la préparation des colorants, leur temps d'action, la durée
de la décoloration ou sur les colorants d'extinction.
1957
Degommier décrit une nouvelle
technique de coloration des bacilles tuberculeux pour la recherche
en fluorescence (Ann. Inst. Pasteur, 1957, 92, 692-694
et 1959, 96, 723).
Quelques
règles pour l'examen direct :
-
L'étalement doit s'effectuer uniquement
sur des lames neuves et dégraissées.
-
Prélever avec une anse de platine rigide
préalablement stérilisée à la flamme et refroidie : une
parcelle purulente, hémorragique ou à défaut muqueuse.
Le résultat de examen direct dépend du choix de cette parcelle.
-
L'étalement ne doit jamais se faire par
écrasement entre 2 lames car la projection de gouttelettes contrôlée
photographiquement par Dekking, serait dangereuse pour
le manipulateur.
(Tison F., Audrin J., recherche, isolement et étude du
bacille tuberculeux : Masson et Cie, édit. 1956).
-
L'étalement doit toujours s'effectuer
avec le fil de platine qui, par un mouvement de vas et vient
dissociera les éléments en les disposant selon un rectangle
limité à 2 mm environ des côtés de la lame et 1 cm de ses extrémités,
afin d'obtenir un film uniforme, régulier en couche mince.
-
Laisser sécher l'étalement à l'air :
ne jamais le sécher à la flamme, ce qui risquerait d'entraîner
une coagulation brutale.
- Une fois sec, l'étalement sera fixé par un ou deux passages rapides dans la flamme (étalement au-dessus en "écrasant" la flamme).
Pour éviter le transfert de
bacilles d'une lame à l'autre :
-
Ne pas utiliser de cuves à coloration qui
permettent la coloration simultanée de plusieurs lames, mais
placer les lames sur un support en verre et les recouvrir avec
le colorant.
-
Après coloration, ne jamais utiliser de papier
buvard pour sécher les lames. Laisser sécher à l'air ou dans
une étuve.
-
Pour l'examen microscopique avec l'objectif
à immersion : déposer la goutte d'huile en évitant soigneusement
de toucher la lame (risques de transport de bacilles sur les
lames suivantes).
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