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1.
Homogénéisation - fluidification pour un examen direct
Le but de cette méthode est d'augmenter la sensibilité de l'examen
direct. Cette technique consiste à faire digérer le produit biologique
par des substances chimiques ou enzymatiques fluidifiantes. Les
mycobactéries résistent assez bien à ce traitement grâce à leur
paroi riche en lipides. Ces substances fluidifiantes seront éliminées
après centrifugation. En effet certains prélèvements peuvent être
concentrés par simple centrifugation (urines, liquides de ponction
) ; mais pour les expectorations, cette méthode permet de
libérer des parcelles muqueuses ou muco-purulentes les bacilles
qui peuvent éventuellement être présents.
De nombreuses méthodes ont été proposées :
L'emploi de la soude est
préconisé dans de nombreuses techniques. Par exemple la méthode
décrite par Besançon et Philibert.
(Traité de l'examen des crachats. Masson édit., 1913, 1 vol., 412).
Calmette (L'infection bacillaire et la tuberculose.
Masson 1920, 1936), utilisera les travaux de Lannoise
et Girard (Nouvelle méthode de recherche du bacille
de la tuberculose dans les crachats. Presse Méd., 1900, LVI, 245-246)
et les travaux de Uhlenhut et Xylander
(Untersuchungen uber antiformin. Arb. K. Gesund., 1909, 32, fasc.
1, 158), pour conseiller soit l'emploi de l'eau de javel, soit celui
d'un mélange d'hypochlorite de chaux et lessive de soude (l'antiformine).
Stengler, propose d'utiliser la pancréatine à pH
alcalin pour digérer les crachats en 24 heures à 37° C.
Grysez et Bernard décrivent un
procédé d'homogénéisation des produits tuberculeux (crachats, pus,
fèces,
) par la bile de buf (C.R. Soc. Biol., 1920,
83, 1506).
Venot et Moreau mettent au point
une technique pour la recherche des mycobactéries dans les selles
(Recherche du bacille de Koch dans les fèces. Rev. Tub., 1922, 3,
296).
2. Homogénéisation - décontamination pour
une culture
(et possibilité d'utiliser le culot fluidifié
pour l'examen direct)
L'isolement d'une mycobactérie à partir d'un prélèvement polymicrobien
nécessite d'associer :
-
Un procédé d'homogénéisation pour liquéfier
le mucus et mettre les germes à éliminer en contact avec le
décontaminant. Après une centrifugation, cette fluidification
permettra aussi de réduire le volume du prélèvement.
-
Un procédé de décontamination pour le débarrasser
de la flore d'accompagnement qui gênerait sa culture, en ménageant
toute fois la viabilité des mycobactéries.
Spengler
préconise l'emploi des antiseptiques en vapeur dont la méthode au
formol.
(Deutsch. Med. Woch., 1895, 21, 244).
Piatkowski fait agir quelques gouttes de formol
directement sur le prélèvement.
(Deut. Med. Woch., 1904, 30, 878).
Uhlenhut fait agir sur le crachat pendant une à
deux heures en agitant de temps en temps, un volume égal d'antiformine
à 30%. (Arb. K. Gesund., 1909, 32, fasc 1, 158).
Petroff facilite la mise en évidence du bacille
tuberculeux en culture avec sa technique à la soude.
(Bull. Johns Hopkins Hosp. 1915, 276-279 et J. Experim. Med., 1915,
21, 38-42).
Lowenstein et Sumiyoshi traitent
les crachats avec de l'acide sulfurique à 15% pendant 15 minutes
et ensemencent, après centrifugation le culot lavé à l'eau physiologique.
Hohn utilise l'acide sulfurique à 10% pendant 20
minutes et ensemence le culot sans neutralisation ni lavage.
(Zent. für Bakt. Abt I. 1926, 98, 460-477).
En 1932, Saenz et Costil font
agir sur le crachat une quantité égale d'acide sulfurique à 15%
et neutralisent avec de la soude à 30% en présence de tournesol,
jusqu'à l'obtention d'une teinte lilas.
(Masson Ed. Paris, 1936. Diagnostic bactériologique de la tuberculose).
Corper et Uyei utilisent l'acide
oxalique à la place de l'acide sulfurique. (Amer. J. Clin. Path.,
1931, 1, 135).
Mac Nabb préconise l'acide chlorhydrique à 3%.
(Am. J. publ. Health, 1936, 26, 619-624).
Quisno décrit une méthode au chlorure de cétylpyridinium.
(J. Bact., 1946, 52, 111-117).
Corper et Stoner emploient le
phosphate trisodique à 10%. (J. Lab. Clin. Med., 1946, 31, 1364-1371).
Goldie préfère utiliser le carbonate d'ammonium.
(Proc. Soc. Exp. Biol. and Med., 1947, 65, 210-212).
Abbott montre que l'addition de pénicilline au
culot d'ensemencement d'un crachat réduit le nombre des contaminations
sans inhiber la culture du bacille tuberculeux. (Am. J. publ. Health,
1951, 41, 287-291).
En 1951, Tison modifie la méthode de Petroff.
Il augmentera la sensibilité de cette technique en utilisant, comme
neutralisant : l'acide phosphorique. (Elimination des germes banaux
dans les crachats destinés à la culture du bacille de Koch. Application
et perfectionnements. Ann. Inst. Pasteur, 1951, 80, 659-664).
En 1954, Tison utilise le Teepol dilué au quart.
Cette substance possède une action bactéricide sur les pyogènes.
Il obtient une bonne technique d'homogénéisation en associant le
Teepol et la soude, car le pouvoir fluidifiant du teepol employé
seul était médiocre. (Nouveau procédé d'isolement du bacille tuberculeux
dans les crachats. Usage du Teepol dilué. Ann. Inst. Pasteur, 1954,
87, 735-736).
En 1956, Patterson emploie le zéphiran (chlorure
de benzalkonium).
(The use of zephiran in the isolation of mycobacterium tuberculosis.
Amer. Rev. Tub., 1956, 74, 284-288).
En raison des variations dans la composition chimique du teepol
selon les pays ou les lots de fabrication, en 1961, Tacquet
et Tison modifient cette technique et proposent
la méthode au laurylsulfate de sodium associé à la soude. Dans la
composition de la solution neutralisante, ils remplacent l'acide
sulfurique par l'acide phosphorique et citent trois avantages :
-
La plus grande stabilité de l'acide phosphorique
à la chaleur, permet l'autoclavage à 120°C de la solution neutralisante.
-
Le risque de formation de dérivés sulfonés
toxiques pour les mycobactéries est écarté.
-
Le sulfate de sodium formé lors de la neutralisation
est remplacé par le phosphate, mieux toléré par les mycobactéries.
(Nouvelle technique d'isolement des mycobactéries par le laurylsulfate
de sodium. Ann. Inst. Pasteur, 1961, 100, 676-680).
En 1963, Kubica
décrit sa technique dans laquelle il utilise la N-acétylcystéine
qui se révèle un excellent agent fluidifiant et dénuée de toute
action bactéricide. La décontamination du produit biologique est
obtenue par l'hydroxyde de sodium à 4 % (N-acétylcystéine - soude).
(Amer. Rev. Resp. Dis., 1963, 87, 775-779 et Amer. Rev. Resp. Dis.,
1964, 89, 284-286).
En 1966, Krasnow reprend le même agent mucolytique
mais préfère le chlorure de benzalkonium (zéphiran) pour la décontamination
du prélèvement.
(Am. J. Clin. Path., 1966, 45, 352-355).
Shah remplace la N-acétylcystéine par le dithiothréitol.
Ce produit provoque une meilleure mucolyse.
(Amer. Rev. Resp. Dis., 1966, 94, 454).
Sula préconise une technique de décontamination
à l'acide chlorhydrique à 10 % avec une neutralisation par la soude.
(Bull. Org. Mond. Santé, 1968, 39, 647-655).
En 1987, Peres, Gevaudan, Gulian et de Micco
proposent l'utilisation de la chlorhexidine comme méthode de traitement
des produits pathologiques en vue de l'isolement des mycobactéries.
(Rev. française lab., 1988, 173, 67-74).
La conclusion de Tison et Carbonnelle.
(Recherche, isolement et étude du bacille tuberculeux et des autres
mycobactéries en pratique courante. Editions Crouan et Roques. 1972).
" D'après les travaux de Tison et
Loze (1), de Krasnow (2), de Shah
(3) portant sur un petit nombre de prélèvements, il paraît difficile
de choisir entre deux procédés de fluidification - décontamination
:
la méthode au laurylsulfate de sodium - soude (Tacquet-Tison) et
celle à la N-acétylcystéine zéphiran (Krasnow).
Mais des études portant sur l'ensemencement d'un grand nombre de
prélèvements contaminés ont été réalisées par : Meissner
(4), Tison (5), Sula
(6), Tacquet et Tison (7), Langerova et
Tacquet (8).
Tous reconnaissent la supériorité de la technique au laurylsulfate
de sodium - soude. La qualité finale du culot est supérieure à celle
obtenue avec la N-acétylcystéine zéphiran. Ce produit est un excellent
agent mucolytique mais il est dénué d'action fluidifiante sur
les amas de pus qui demeurent intacts.
Ceci aura un double inconvénient :
-
Les bacilles contenus dans ces parcelles
de pus ne seront pas libérés, ce qui provoquera une diminution
de la densité des cultures.
-
L'action décontaminante du zéphiran ne pouvant
s'exercer en profondeur, on observera un nombre plus élevé de
cultures contaminées.
Ces raisons ont amené Tison et Carbonnelle à choisir et conseiller
en pratique courante l'utilisation de la technique au laurylsulfate
- soude, à condition d'employer des milieux solides à l'uf
ou des milieux liquides enrichis de lécithine. Tacquet et Tison
(9) ont montré que cette substance est nécessaire à la neutralisation
des résidus de détergent doués d'une action inhibitrice sur
la culture des mycobactéries. "
3.
Bibliographie
(1) Tison, Loze
: " L'isolement du bacille de koch dans les crachats par les
détergents. "
Ann. Inst. Pasteur, 1954, 87, 445-449.
(2) Krasnow, Wayne : " The mortality rate
of tubercle bacilli in various digestion systems. "
Am. J. Clin. Path., 1966, 45, 352-355.
(3) Shah, Dye : " Use of dithiothreitol to
replace N-acetyl-cystein for routine sputum digestion-decontamination
for the culture of mycobacteria. "
Amer. Rev. Resp. Dis., 1966, 94, 454.
(4) Meissner, Tunchan : Beitr. Klim. Tuber., 1962,
126, 65-83.
(5) Tison : " Nouveau procédé d'isolement
du bacille tuberculeux dans les crachats. Usage du teepol dilué.
" Ann. Inst. Pasteur, 1954, 87, 735-736.
(6) Sula : " Comparative trials with different
decontaminating agents for growing mycobacterium tuberculosis from
sputum specimens. "
Bull. Org. Mond. Santé, 1968, 39, 647-655.
(7) Tacquet, Tison : " Nouvelle technique
d'isolement des mycobactéries par le lauryl sulfate de sodium. "
Ann. Inst. Pasteur, 1961, 100, 676-680.
(8) Langerova, Tacquet : " Comparaison de
différentes méthodes d'homogénéisation et de purification des produits
pathologiques en fonction du milieu de culture solide ou liquide.
"
Bull. Org. Mond. Santé, 1968, 39, 647-655.
(9) Tacquet, Tison, Martin : " Etude de différents
procédés d'épuration des produits pathologiques et des milieux de
culture pour l'isolement des mycobactéries. Comparaison entre les
milieux de lowenstein - jensen et de coletsos. "
Ann. Inst. Pasteur Lille, 1962, 13, 57-76.
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