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Antibiogramme sur milieu solide (Löwenstein-Jensen) : méthode indirecte.

 

3. Méthode indirecte (Löwenstein-Jensen)

La méthode indirecte est réalisée à partir d'une souche déjà isolée sur un milieu solide (Löwenstein-Jensen ou Coletsos).

Matériel stérile :

  • Flacon contenant environ 100 ml d'eau distillée.
  • 1 tube à vis contenant environ 10 ml d'eau distillée.
  • Tubes à vis de  18 x 145 mm.
  • Pipettes graduées.
  • Pipettes pasteur.
  • Erlenmeyer de 125 ml et un tube à vis contenant une vingtaine de billes de verre. 

Equipement recommandé :

  • Hotte de sécurité.
  • Matériel de pipetage motorisé type Pipetus.
  • Poire à pipeter de 1 ml (pour pipetage avec pipettes pasteur).
  • Anse de platine plate (spatule).
  • Stérilisateur type Bacti-Cinerator pour stériliser l'anse de platine.
  • Vortex.
  • Témoin opacimétrique : tube étalon contenant une suspension BCG à 1mg/ml.

Technique

  • Identifier 7 tubes stériles : 100 (pur) puis 10-1 à 10-6.
  • Transférer les billes stériles dans l'erlenmeyer.
  • Dans les tubes notés 10-1 à 10-6, ajouter 9 ml d'eau distillée stérile.
  • Ajouter 1 ml d'eau distillée stérile dans l'erlenmeyer.
  • Avec une anse de platine plate, prélever à la surface d'un milieu solide un grand nombre de colonies c'est à dire une anse de platine bien pleine (ou 2 anses, l'équivalent d'environ 5 mg de colonies).
  • Déposer les colonies dans l'erlenmeyer.
  • Agiter l'erlenmeyer pendant 5 minutes.
  • Mettre une pipette pasteur sur la poire. Prélever environ 1 ml dans le tube d'eau distillée stérile et l'ajouter dans l'erlenmeyer. Agiter 10 à 15 secondes.
  • Transférer la suspension de l'erlenmeyer dans le tube noté 100 (pur).
  • Comparer l'opacité à l' œil nu. Ajuster la concentration de cette suspension en ajoutant de l'eau distillée jusqu'à l'obtention d'une opacité équivalente à celle du tube témoin contenant la suspension BCG à 1 mg/ml.

A partir de cette suspension, préparer les dilutions de 10-1 à 10-6.

  • Dilution 10-1 (0,1 mg) : ajouter 1 ml de la suspension 100 (1 mg/ml) à 9 ml d'eau distillée stérile. Mélanger à l'aide d'un vortex.
  • Dilution 10-2 (0,01 mg) : ajouter 1 ml de la suspension 10-1 à 9 ml d'eau distillée stérile. Mélanger à l'aide d'un vortex.
  • Procéder de cette façon pour réaliser successivement les dilutions et obtenir la dilution  10-6 (0,000001 mg).

Ensemencement des différents milieux de Löwenstein-Jensen.

  • Ensemencer 0,2 ml de la dilution  10-6 sur 2 milieux de Löwenstein-Jensen (témoins).
  • Ensemencer 0,2 ml de la dilution  10-5 sur 2 milieux de Löwenstein-Jensen et 1 tube par concentration d'antibiotique.
  • Ensemencer 0,2 ml de la dilution  10-4 sur 2 milieux de Löwenstein-Jensen.
  • Ensemencer 0,2 ml de la dilution  10-3 sur 2 milieux de Löwenstein-Jensen et 1 tube par concentration d'antibiotique.
  • Ensemencer 0,2 ml de la dilution  10-1 sur 2 milieux de Löwenstein-Jensen et 1 tube par concentration d'antibiotique.
  • Répartir l'inoculum sur la pente de chaque milieu. Le bouchon des tubes doit être dévissé (laisser les bouchons à vis lâches pour permettre l'évaporation du liquide).
  • Incuber à 37° C en position horizontale.
  • Revisser les bouchons hermétiquement lorsque le liquide s'est évaporé (généralement après 5 à 7 jours d'incubation).

Les colonies des tuberculeux prennent un aspect typique si le milieu est bien oxygéné et si la partie liquide de l'inoculum est bien évaporée (tubes fermés qu'après une évaporation complète).

La lecture sera effectuée à partir du 21ème jour ou au 28ème jour. Une deuxième et dernière lecture sera faite au 40ème jour. 

Le nombre de colonies est soigneusement compté, quelle que soit leur taille, sur les tubes témoins (nombre de bacilles viables) et sur les tubes avec antibiotique (nombre de bacilles résistants).
D'après le nombre des colonies observé, on déduira la proportion de bacilles résistants existant dans la souche étudiée. En dessous d'une certaine proportion, dite "proportion critique", la souche est dite sensible, au-delà elle est dite résistante.

Pour l’isoniazide (à 0,2 µg/ml), rifampicine, streptomycine, PAS et éthambutol la souche est dite sensible lorsque la proportion de bacilles résistants est égale ou supérieure à 1 % et pour les autres antituberculeux, lorsqu'elle est supérieure à 10 %.

Proportion de bacilles résistants : exemples de calcul

Comme le pyrazinamide n'est actif qu'à pH acide, pour déterminer la proportion de bacilles résistants au PZA, le milieu acidifié avec antibiotique doit être comparé avec le milieu témoin acidifié (pH 5,5). A ce pH, la croissance des mycobactéries du complexe tuberculosis est parfois limitée, ce qui peut rendre le test difficilement interprétable. Pour éviter l'absence d'une culture sur le tube témoin à 10-5, il est conseillé d'ensemencer ces milieux acidifiés avec les dilutions 10-4, 10-2 et 10-1.

 

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