4. Méthode directe (Löwenstein-Jensen)
La méthode directe est réalisée à partir du culot de
centrifugation d'un produit biologique traité par une technique de
fluidification et décontamination (laurylsulfate ou
soude à 4%) à condition que ce prélèvement soit suffisamment riche en bacilles
(au moins 01 BAAR/10champs). Cette méthode permet de raccourcir les délais de
réponse en évitant les 3 à 4 semaines d'attente pour l'obtention de la primoculture.
Matériel stérile :
- Flacon contenant environ 100 ml d'eau distillée.
- Tubes à vis de 18 x 145 mm.
- Pipettes graduées.
- Pipettes pasteur.
- Pots coniques de 50 ml.
- Solution décontaminante et neutralisante pour traiter le
prélèvement.
Equipement recommandé :
- Hotte de sécurité.
- Matériel de pipetage motorisé type Pipetus.
- Poire à pipeter de 1 ml (pour pipetage avec pipettes pasteur).
- Anse de platine.
- Stérilisateur type Bacti-Cinerator pour stériliser l'anse
de platine.
- Vortex.
Technique
- A partir du culot de centrifugation d'un produit
biologique préalablement décontaminé (laurylsulfate ou soude à 4%) et
neutralisé, faire un étalement sur une lame.
- Colorer la lame en utilisant la technique de Ziehl-Neelsen.
- Procéder à la numération. Si le prélèvement est
suffisamment riche en bacilles (au moins 1 BAAR/10champs) : préparer à partir de ce
culot la dilution 10-1 (suspension mère).
- Suspension mère à 10-1
: ajouter 3 ml d'eau distillée stérile dans le pot conique (culot d'environ
0,3 ml + 3 ml d'eau distillée stérile = dilution 10-1).
Mélanger à l'aide d'un vortex.
A partir de cette suspension mère, d'autres dilutions seront
préparées en fonction du nombre de bacilles observés à l'examen direct.
|
Examen direct : |
Dilutions à ensemencer : |
2 témoins à ensemencer avec
dilutions(s) : |
|
Moins de 1 BAAR pour 10 champs |
Test non réalisé |
Test non réalisé |
|
1 à 10 BAAR pour 10 champs |
10-1, 10-2
et 10-3 |
|
|
1 à 10 BAAR par champ |
10-1, 10-3
et 10-4 |
10-2 et 10-5 |
|
Plus de 10 BAAR par champ |
10-2, 10-4
et 10-5 |
10-3 et 10-6 |
- Dilution 10-2 : ajouter
0,5 ml de la suspension 10-1
à 4,5 ml d'eau distillée stérile. Mélanger à l'aide d'un vortex.
- Dilution 10-3 : ajouter
0,5 ml de la suspension 10-2
à 4,5 ml d'eau distillée stérile. Mélanger à l'aide d'un vortex.
- Dilution 10-4 : ajouter
0,5 ml de la suspension 10-3
à 4,5 ml d'eau distillée stérile. Mélanger à l'aide d'un vortex.
- Procéder de cette façon pour réaliser successivement les
dilutions suivantes jusqu'à la dilution 10-6
si nécessaire.
Ensemencement des différents milieux de Löwenstein-Jensen.
- Ensemencer chaque tube avec 0,2 ml de la dilution
choisie.
- Répartir l'inoculum sur la pente du milieu. Le bouchon
des tubes doit être dévissé (laisser les bouchons à vis lâches pour
permettre l'évaporation du liquide).
- Incuber à 37° C en position horizontale.
- Revisser les bouchons hermétiquement lorsque le liquide
s'est évaporé (généralement après 5 à 7 jours d'incubation).
Les colonies des tuberculeux prennent un aspect typique si
le milieu est bien oxygéné et si la partie liquide de l'inoculum est bien
évaporée (tubes fermés qu'après une évaporation complète).
La lecture sera effectuée au 28ème jour. Une
lecture définitive sera faite au 40ème
jour.
Le nombre de colonies est soigneusement compté, quelle que
soit leur taille, sur les tubes témoins (nombre de bacilles viables) et sur
les tubes avec antibiotique (nombre de bacilles résistants).
D'après le nombre des colonies observé, l'on déduira la proportion de bacilles
résistants existant dans la souche étudiée. En dessous d'une certaine
proportion, dite "proportion critique", la souche est dite sensible, au-delà
elle est dite résistante.
Pour l’isoniazide (à 0,2 µg/ml), rifampicine, streptomycine, PAS et
éthambutol la souche est dite sensible lorsque la proportion de bacilles
résistants est égale ou supérieure à 1 % et pour les autres antituberculeux,
lorsqu'elle est supérieure à 10 %.
Proportion de bacilles résistants : exemples
de calcul
Comme le pyrazinamide n'est actif qu'à pH acide, pour déterminer la proportion de bacilles résistants au PZA,
le milieu acidifié avec antibiotique doit être comparé avec le milieu témoin
acidifié (pH 5,5). A ce pH, la
croissance des mycobactéries du complexe tuberculosis est parfois limitée, ce qui
peut rendre le test difficilement interprétable. La méthode directe n'est pas
conseillée pour l'étude de la sensibilité au pyrazinamide.